Quels droits ? Et quelle humanité ? par Afef Bennaceur

Posted: December 17, 2010 in Media
Carte de visite du 13 décembre 2010

Lorsque j’ai rencontré Fahem Boukadous aujourd’hui, j’ai vu qu’il avait un bon moral comme à son habitude, que n’altéraient pas ses conditions d’incarcération iniques ou sa santé fragile. A propos du 10 décembre qui est le jour de la 62ème commémoration de la Déclaration universelle des droits de l’homme, il a dit qu’il l’avait tristement passé en prison, et comment en serait-il autrement ? La détention politique est toujours de mise dans notre pays et elle fauche en permanence les forces vives du pays. Non seulement les militants de l’UGET et des centaines de jeunes pratiquant leur religion, mais Hassen Ben Abdallah, cet éminent dirigeant du mouvement du bassin minier, effectue une peine de quatre années et un mois d’emprisonnement dans les cachots de la prison de Gafsa, pour avoir simplement participé et encadré les mobilisations civiques pour le droit à l’emploi et à une redistribution juste de la richesse. De même, se poursuit le calvaire des jeunes de Mdhilla qui sont toujours en prison pour avoir simplement manifesté pacifiquement pour l’égalité des chances face au travail, et dénoncé la corruption et le favoritisme sur le marché du travail. Fahem considère aussi que son arrestation est survenue alors qu’il avait effectué une couverture remarquable du mouvement des populations des villes du bassin minier de la première moitié de l’année 2008 pour le site électronique d’El Badil et la chaîne satellitaire El Hiwar Et Tounsi, et ce dans le but de d’attaquer la couverture indépendante de ces événements et en guise de représailles contre ceux qui avaient brisé l’omerta sur ces mobilisations et afin de tenter d’éradiquer ce mouvement loin des regards des médias.

Boukaddous a affirmé que lors de la procédure judiciaire, il n’avait pu bénéficier des conditions minima d’un procès équitable puisque la justice avait joué une pièce de théâtre pour pouvoir prononcer une condamnation politique inique. Et il considère que ses conditions d’emprisonnement constituent un châtiment complémentaire puisque lui est confisqué le droit à la visite sans barrières, le droit aux livres, aux périodiques et aux lettres. Il a conclu en disant que l’emprisonnement politique n’est qu’un autre aspect de la situation sombre des droits de l’homme dans notre pays qui ne pourra être sauvegardée sans une libéralisation de la vie politique, le respect de la liberté de la presse, l’indépendance de la justice, et la promulgation d’une amnistie générale. Ces dernières ne seront pas données ou offertes, mais gagnées par une convergence des luttes des forces sociales, les sacrifices consentis pour une autre Tunisie où la citoyenneté retrouvera sa place éminente.

Liberté pour les prisonniers politiques

Gloire à leurs sacrifices

Posted via nawaat’s posterous

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