Suha Arafat Vs. Leila Ben Ali – Traduction du câble émis le 16 octobre 2007

Posted: December 15, 2010 in Media




 
Le journal official du gouvernement tunisien a annoncé le 2 août 2007 la révocation de la nationalité tunisienne accordée à Suha Arafat, épouse de l’ancien président de l’autorité palestinienne, le Président Yasser Arafat. Le gouvernement tunisien avait accordé la nationalité tunisienne par naturalisation à Mme. Arafat ainsi qu’à sa fille Zaha, 12 ans, en septembre 2006. La décision du gouvernement de déchoir Mme Arafat de sa nationalité a été brusque. Au début du mois de juillet, lors d’une conversation téléphonique avec l’ambassadeur US à Tunis, Mme Arafat n’a pas fait la moindre allusion à ce sujet. En effet, elle avait indiquait qu’elle souhait rencontrer l’ambassadeur une fois de retour de vacances à Malte à la fin de l’été. Il n’y avait, non plus, aucun signe de détresse de la part de Mme Arafat, lors de cette conversation téléphonique.

Lors d’une conversation téléphonique avec l’ambassadeur à la mi-octobre, Mme Arafat a justifié sa déchéance par une animosité personnelle avec la Première dame, Leila Ben Ali. « Je ne peux pas croire à ce qu’elle m’a fait, s’est-elle écriée. J’ai tout perdu ! » Elle s’est plainte que tous ses biens en Tunisie lui ont été confisqués, y compris en recourant à des documents falsifiés. ( La rumeur dit que Mme Araft a investi – et perdu -quelque 2,5 million d’euros dans le projet de l’Ecole internationale de Carthage). De plus, dit-elle, ses amis, ses collègues ainsi que son banquier en Tunisie ont été également soumis à des pressions. « Quiconque me soutient est puni. »

Mme Arafat a attribué sa déchéance à un différent avec Mme Ben Ali autour de l’Ecole Internationale de Carthage, une nouvelle école privée, à but lucratif, dont elles étaient associées. Selon la version des faits rapportée par Mme Arafat, la dispute est née de la décision de Leila Ben Ali de fermer l’école Bouebdelli (connue sous le nom de la Fondation Louis Pasteur), une grande école privée très respectée d’où une grande partie de l’élite tunisienne est sortie). ( Note : Le ministère de l’Education a notifiée, mi-mai, à L’école Bouadbelli sa fermeture, officiellement pour non-respect des règlements d’inscription.

Cette décision a été suivie de protestations publiques, soutenue, en partie, par une compagne de pétitions et de lettres de la part des parents d’élèves inscrits à cette école. De nombreux journaux locaux et internationaux ont critiqué la décision de fermeture arguant que celle-ci est une tentative fragrante d’étouffer la concurrence au profit de l’Ecole internationale de Carthage. Le fait que les parents d’élèves de Bouebedlli aient été encouragés à inscrire leurs enfants à l’école de Carthage, l’octroi le 29 août, via un décret présidentiel, à cette dernière, d’une aide de 1.794.600 dinars tunisiens (environ 1,5 million de dollars), soit un 25 % de son budget, ont contribué à donner du crédit à ces accusations.

Mme Arafat a affirmé que c’est Leila Ben Ali en personne qui a pris la décision de fermer l’École Bouebdelli. Elle a affirmé qu’elle a essayé de raisonner la Première Dame en lui disant que ce que nous faisons est contraire à l’éthique», et que la concurrence en fin de compte serait saine. Elle ajouté que leurs différents sont allés crescendo, et le point culminant, selon Mme Arafat, est la décision de la déchoir de sa citoyenneté alors qu’elle était encore en vacances à Malte. Mme Arafat a déclaré l’ambassadeur qu’elle entend rester à Malte où son frère exerçait comme ambassadeur et qu’elle souhaite passer Noël dans les territoires palestiniens.

D’autres rumeurs ont circulé autour de cette école, apportant un autre son de cloche. Selon une autre version, c’est plutôt Mme Arafat qui a outrepassé ses limites, et non Leila Ben Ali. Plus précisément, on dit que Mme Arafat a convaincu le Ministère de l’Education de la fermeture de l’école Bouebdelli. Pour ce faire, elle aurait évoqué le nom de Mme Leila Ben Ali comme étant lié à cette école. Bien que sujette à caution, cette version laisse croire que Leila Ben Ali n’était pas tenue au courant du fait que son nom ait été évoqué. Ausi, la première dame du pays aurait été fortement irritée en apprenant la nouvelle de la fermeture de cette école – donc de son rôle présumé dans cette décision – à travers des articles parus dans la presse locale et internationale. ( Commentaire : Le fait que l’école ne Bouebdelli n’a pas été rouverte, même après la déchéance de Souha Arafat de sa citoyenneté, semble mettre en doute la véracité de cette version. Commentaire Fin.)

De nombreuses autres versions ont alimenté la rumeur autour de l’affaire de Suha Arafat. Un Palestinien résident en Tunisie, plutôt bien renseigné, a affirmé à l’ambassadeur sous le sceau de l’anonymat que le sort de Mme Arafat a été scellé lors d’un récent séjour à Tripoli au cours duquel elle a sollicité de l’argent auprès du leader libyen Khadafi. Khadafi a généreusement mis la main à la poche pour aider Souha, mais il aurait appelé le président Ben Ali pour lui reprocher de ne pas avoir subvenu aux besoins de la veuve de l’ex-président de l’Autorité palestinienne.

L’embarras de Ben Ali, selon cette version, a vite tourné à la colère. Il ne fallait pas longtemps pour que Mme Arafat perde sa citoyenneté tunisienne. Une autre version raconte que Suha Arafat a été déchue parce qu’elle a mis le grappin sur une partie importante des biens de la famille de la première dame de Tunisie. Finalement, au vu de rumeurs persistantes selon lesquelles Mme Arafat s’est secrètement mariée avec Belhassen Trabelsi, le frère de la première dame de Tunisie, certains commentateurs pensent que toute cette affaire est liée à l’échec de cette relation entre Arafat et Trabelsi.

Il ne fait aucun doute que compte tenu de ses déboires, Mme Arafat ne s’est pas gênée pour faire part à l’ambassadeur de ses critiques négatives à propos du président Ben Ali, de sa femme, des membres de sa famille, qui, dit-elle, sont trempés dans des affaires de corruption. A l’appui de sa relation étroite nouée au cours de ces dernières avec la famille régnante, elle a mis en avant plusieurs allégations dont les suivantes :

  • Le président Ben Ali demeure affaibli par son combat contre le cancer ;
  • Le Président Ben Ali passe tout son temps à jouer avec son fils autour de la résidence;
  • Le Président Ben Ali ne fait que ce que sa femme lui demande de faire ;
  • Leila Ben Ali et sa famille pillent tout ce qui possède une valeur ;
  • Leila Ben Ali croit qu’elle succédera à son mari ;
  • Les membres de la famille élargie Ben Ali agissent comme bon leurs semblent dans une totale impunité, y compris en falsifiant des documents;
  • Leila Ben Ali a récusé le programme scolaire américain établi au profit de l’école de Carthage parce que fondamentalement elle ne veut rien entreprendre avec les Américains.

Il est peu probable que nous puissions un jour connaître tous les faits dans l’affaire de Souha Arafat, ou, en l’occurrence ce qui s’est passé autour de l’Ecole Bouebdelli et de l’École internationale de Carthage.

De toute évidence, avoir été dépouillée de sa citoyenneté tunisienne et privée de ses propriétés en Tunisie, donnent à Suha Arafat des arguments pour s’en prendre au clan de Ben Ali. De fait, ses allégations ne doivent pas être prises au pied de la lettre.

Les deux câbles de l’ambassade publiés par El Pais sur cette affaire :

http://www.elpais.com/articulo/internacional/Cable/analiza/expulsion/Tunez/vi…

http://www.elpais.com/articulo/internacional/Cable/analizan/razones/Tunez/con…

Source: DNA-Algérie.

Posted via nawaat’s posterous

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