Lettre à l’opinion publique de Fahem Boukaddous

Posted: November 13, 2010 in Media
Nuit du dimanche 7 novembre 2010

Parce que mon amour de la vie est illimité

Parce que la vie sans la liberté est insensée

Parce que la liberté n’a pas de prix

Parce que le pouvoir en place m’a dépouillé de toute arme

Et parce que les terrains et les formes de combats sont multiples

J’avais en tête tous ces considérants quand j’ai commencé une grève de la faim le 8 octobre dernier. Dès le début je savais que le chemin serait long et ardu, au regard de ma santé critique et compte tenu du mépris du pouvoir en place qui gère tous les problèmes sociaux d’un point de vue sécuritaire et policier sous couvert « civil » mensonger portant sur les « droits de l’homme », la « démocratie » et la « liberté de l’information ».

Mon corps malade a commencé la grève derrière les barreaux et chaque jour qui passe, ma fatigue s’accroît et l’altération pourrait atteindre des limites que je ne souhaite pas. En parallèle, chaque jour, ma détermination se renforce ainsi que ma volonté de poursuivre ma démarche jusqu’à ce que soit partiellement levée l’immense injustice qui me frappe.

Il est notoire que les critères minima d’un procès équitable n’ont pas été respectés lors de mon procès et on connaît les attendus honteux qui m’ont balancé dans l’affaire de « l’entente criminelle du bassin minier ».

Après tout cela, il y a eu encore des mercenaires pour réfuter ma qualité de journaliste et nier le caractère inique de ma condamnation. Le président de l’Etat, comme à son habitude, lors de son allocution du 7 novembre dernier a nié l’existence d’un seul prisonnier d’opinion ou d’un opposant en prison !

Mon premier mois de grève de la faim est terminé et d’après ce que je sais, des êtres libres se sont levés en Tunisie et à l’étranger pour défendre mon droit à la vie et à la liberté. Mais le pouvoir est toujours sourd et indifférent à mon calvaire, à celui de mon camarade Hassen Ben Abdallah et à celui des jeunes prisonniers de Mdhilla et d’Oum Ksab à Oum Larayess. C’est ce qui me pousse à continuer, malgré les risques, à poursuivre ma route, et si le pire survenait, je n’aurais pas été mieux que les martyrs du mouvement du bassin minier, Hichem Ben Jeddou,

Hafnaoui Maghzaoui ou Abdelkhalek Amaïdi. Mon choix d’une information libre et indépendante ne tolère pas le chantage et si j’ai pris le parti des problèmes du peuple, ce n’est pas pour polémiquer. En conclusion, merci à tous ceux qui m’ont soutenu. J’appelle à développer les formes de soutien, particulièrement envers ceux qui ont été libérés dans l’affaire de l’ »entente » qui ont fait l’expérience du vice du pouvoir que ce soit dans les négociations et les passerelles fictives, ou que ce soit dans la trêve minée qui a débouché sur le massacre odieux du 5 juin 2008.

Fahem Boukaddous

Posted via nawaat’s posterous

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