Afef Benaceur, épouse du Journaliste Fahem Boukaddous : Nous ne sommes ni à vendre ni à acheter !

Posted: July 18, 2010 in Alerts
Mon mari a été emprisonné malgré sa maladie et ses maux. Il va purger une peine inique de quatre ans. Selon le rituel tunisien visant à châtier les familles des condamnés, il n'est pas exclu qu'il soit transféré dans une prison éloignée des siens en contradiction avec la loi.

Les campagnes de calomnies visant mon mari et ses camarades dans l’affaire dite de l’entente du bassin minier battent leur plein, allant jusqu'à semer le doute sur son statut de journaliste (communiqué du ministère tunisien des affaires étrangères), mettant à contribution des écrits et des portes paroles aux ordres.

Dans ce contexte, je tiens à dénoncer un scandale digne du régime et de ses serviteurs, il consiste en ce qui suit:

Quelques heures après sa sortie de l'hôpital de Sousse, mon mari a été contacté par le dénommé Nouredine Benticha (un ancien militant du mouvement étudiant, condamné dans la même affaire que Fahem pendant les années 90). Ce dernier a insisté pour rencontrer mon mari, après trois appels, nous sommes allés, mon mari et moi, à sa rencontre dans un café à Sousse. C'était le jeudi 15 juillet à 8h15. Nous étions suivis de près par un imposant dispositif policier.

A notre arrivée, il était seul. Il a d'emblée évoqué l'affaire dans laquelle mon mari est poursuivi, la peine prononcée, la possibilité de la faire annuler et faire bénéficier mon mari d'une carte de presse nationale!

En contrepartie, Fahem Boukaddous devait faire une demande de grâce présidentielle. Il a insisté pour que toute la démarche soit tenue au secret le plus total, que la lettre soit manuscrite, avant de nous informer qu'une deuxième personne attendait dans sa voiture et qu'elle peut fournir les détails de « l'accord »!

Mon mari, Fahem Boukaddous a rétorqué qu'il est journaliste indépendant, qu'il est reconnu en tant que tel sur le plan international, posséder une carte de presse nationale n'avait aucun intérêt à ses yeux, et qu'en aucun cas il n'accepterait ce type de marchandage!
A ce moment là, suite à un appel passé par Nouredine Benticha, nous avons vu arriver le dénommé Borhane Bsayess. Il nous a salué, puis s'est installé. Il a commencé par évoquer la santé de mon mari qui se dégrade, la possibilité de lui prodiguer des soins dans de meilleures conditions, à l'étranger si cela s'avérait nécessaire. Il s'est évertué à exposer le marché proposé par Benticha, laissant sous-entendre des avantages financiers et une vie prospère.

Il a également vanté les qualités de mon mari, sa sincérité, ses amitiés avec les différentes franges de la société civile!
Fahem lui a répondu en affirmant qu'il ne fera aucune demande de grâce, que sa liberté sera le fruit des luttes du mouvement démocratique à l'intérieur et à l'extérieur du pays, mettant ainsi fin à la discussion.

Nous sommes partis aussitôt, les laissant tous les deux dans le café.

Mon mari a été arrêté par la police politique, 30 minutes seulement, après avoir quitté, le café où Borhane Bsayess lui faisait son offre.

C'est ainsi que le pouvoir tunisien et ses serviteurs agissent à l'encontre des hommes libres de ce pays, pour tenter d'acheter leur conscience et de les éloigner de leur peuple et de ses affaires.

J'ai considéré qu'il est de mon devoir, vis à vis de mon pays et de mon peuple de les dénoncer, d'autant que Fahem me l'a aussi demandé, juste avant de monter dans la voiture de police il m'a dit « dénonce les ! »

Afef Benaceur

Vendredi 16 juillet, 01h

(*) Traduit de l’arabe. ( A.TH)
 

Posted via nawaat’s posterous

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